Accueil
2008 Journée de l'histoire 1830 dans nos bourgs et nos campagnes Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

JOURNEE DE L’HISTOIRE Le 25/10/2008

1830 DANS NOS BOURGS ET NOS CAMPAGNES
POSITIONS POLITIQUES ET FAITS REVOLUTIONNAIRES A VERVIERS, PEPINSTER, THEUX, SPA ET SUR LE PLATEAU DE HERVE

VERVIERS – CENTRE TOURISTIQUE DE LA  LAINE ET DE LA MODE

UNE ORGANISATION DE
LA SOCIETE VERVIETOISE D’ARCHEOLOGIE ET D’HISTOIRE
EN COLLABORATION AVEC
LA SOCIETE D’HISTOIRE ET D’ARCHEOLOGIE DU PLATEAU DE HERVE ET
LA SOCIETE ROYALE « LES ARCHIVES VERVIETOISES »
AVEC LE SOUTIEN DE LA PROVINCE DE LIEGE – SERVICE CULTURE,
DE DEXIA BANQUE REGION VERVIERS-SPA ET DE LA VILLE DE VERVIERS

PROGRAMME

9 H. 15 Accueil.
9 H. 45 Introduction générale, par Jacques Wynants, Président de la    SVAH.
10 H.  La pensée politique en 1830 d’après le Journal de Verviers, par    Fredddy Joris.
10 H.20 Les faits révolutionnaires à Verviers, l’affaire Lys, le démontage des   machines… par Jacques Wynants.
10 H. 40 Le Plateau de Herve en 1830, par Thomas Lambiet, Président de la   SHAPH.
11 H.  Pause.
11 H. 20 1830 à Pepinster, Theux et Spa, par Paul Bertholet.
11 H. 40 Les grandes familles verviétoises en 1830, par Louis Beckers.
12 H.  Discussion, interventions de la salle. 

Repas de midi (pour les personnes qui ont réservé)

13 H. 45 Les évènements militaires, par Alex Doms.
14 H. 05 Nos représentants au Congrès national, par Jacques Wynants.
14 H. 25 Récompenses nationales et mémoire, par Paul Bertholet.
14 H. 45 Médailles et décorations de 1830, par Georges X. Cornet.
15 H. 05 Discussion, interventions de la salle.
16 H. 25 Conclusions.

INTRODUCTION
Jacques WYNANTS


Bienvenue à toutes et à tous pour cette deuxième journée de l’Histoire.
L’an dernier, pratiquement à la même date, la société d’archéologie et d’histoire du Plateau de Herve prenait l’initiative d’une journée consacrée à la vie rurale de la région. Journée très réussie.
Par la suite, on a convenu d’alterner les charges d’organisation entre Herve et Verviers.
Aujourd’hui, avec l’accompagnement actif de la société de Herve et des Archives verviétoises, avec, pour les aspects matériels, l’aide de Dexia, de la Ville de Verviers et le service Culture de la Province, nous voulons à nouveau vous mener sur les chemins du passé.
A l’école, nous avons appris les problèmes de la coexistence entre les différents groupes qui composaient les Pays-Bas (1814-1830).
Notre choix de ce thème pour la réunion de ce jour n’a nullement été influencé par l’actualité récente. Nous avons simplement cherché un sujet rassembleur, capable d’amener des contributions de tous les côtés.
Je ne vais pas retracer maintenant tous les événements qui entourent la révolution belge de 1830 mais simplement rappeler quelques points qu’il faudra garder en tête tout au long de la journée.
Voici donc quelques jalons qui ne doivent pas être négligés car ils ont largement influencé la mentalité et le comportement des Belges, notre petite opinion politique et les Puissances :
1. Les idées politiques d’une partie de la population ont évolué. Montesquieu et l’esprit des Lumières ont laissé leur empreinte.
2. La mémoire de la période française sous Napoléon 1, où l’industrie avait été florissante.
3. Après la Restauration (1815-1830), la révolution en France en juillet 1830 amène au pouvoir le parti de la bourgeoisie, mais il y a d’abord eu les barricades dans Paris…
4. La conférence de Londres (1810-1831) et ses tribulations. Notre indépendance n’a de sens que si elle est acceptée par les autres pays. Et l’ombre de l’équilibre européen place dans cette reconnaissance.
5. La révolution en Pologne  en novembre 1830, qui détourne de la petite Belgique l’attention des Puissances.
6. La question d’Orient et la situation de la Grèce, affaire qui traîne dès 1822. La couronne de Grèce fut offerte à Léopold de Saxe-Cobourg…
Des opinions très différentes ont été émises à propos de notre Révolution de 1830.
On peut cependant y voir l’influence de quatre sortes de causes :
- Un malaise politique (pouvoir exécutif très fort ; pouvoir royal exagéré ; répartition inéquitable des charges de fonctions) ;
- Un malaise religieux (un prince calviniste) ;
- Un malaise national (pouvoir aux mains des Hollandais ; prépondérance du néerlandais ; dette publique mal répartie) ;
- Un malaise social (le gouvernement encourage le machinisme néfaste à la classe ouvrière ; chômage ; « prospérité » de bourgeois capitalismes ; pas de liberté de coalition).
« Le peuple a fait la révolution et la bourgeoisie l’a confisquée » (Alexandre Gendebien. Réponse de Joseph Lebeau : « Parfaitement vrai, heureusement pour la Belgique ».
La grande bourgeoisie industrielle et commerciale est plutôt antirévolutionnaire et orangiste.
La moyenne et petite bourgeoisie est opposée aux Hollandais, comme l’aristocratie et le clergé.
La masse populaire est soumise a la pression de la grande bourgeoisie en expansion et encaisse les contrecoups des variations économiques de ces années.
Certains auteurs ont vu dans cette révolution un soulèvement prolétarien, les autres une défense de la religion, d’autres encore l’acceptation enfin des idées du XVIIIème siècle.
Vous comprendrez mieux maintenant qu’il n’ay pas une révolution.
Il y a une révolution des prolétaires (pas nécessairement des ouvriers), pour des raisons de survie alimentaire et fiscale.
Il y a la révolution des catholiques, pour des raisons de liberté religieuse.
Il y a la révolution des libéraux, pour des raisons de liberté de principe (liberté de presse) et parfois même contre la religion.
Il y a…Il y a…
Chacun des groupes sociaux et des « partis » a ses objectifs et ses façons d’agir.
A travers beaucoup de prismes différents, nous voulons vous inviter à appréhender le sujet dans sa complexité.
On n’a pas manqué, depuis 1830, de présenter la Révolution avec des lunettes très orientées, surtout braquées vers Bruxelles, car on ne parlait guère de ce qui se passait ailleurs.
Actuellement, ceux qui surfent sur les vagues historiques sont souvent les hommes d’un point de vue très unilatéral, wallingants pour les uns, unitaristes pour les autres, fransquillons pour certains encore, sans compter les expressions diverses en Flandre.
Finalement, où est la vérité ? Essayons d’apporter ici quelques précisions à la connaissance de notre passé régional.

LA PENSEE POLITIQUE EN 1830 D’APRES LE JOURNAL DE VERVIERS
Freddy JORIS


Nos ancêtres se seraient soulevés pour fonder dans l’enthousiasme une nation nouvelle. La vérité est un peu plus complexe et, à Verviers en tout cas, toute autre. Il suffit de lire attentivement la presse locale de l’époque pour s’en rendre compte. Cette presse se résume alors à un seul organe, le Journal de Verviers, de tendance libérale. Il reflète incontestablement à ce moment l’opinion de la majorité des Verviétois ayant alors voix au chapitre. Or, qu’en ressort-il ? Que cette majorité, en 1930-1931, ne veut pas d’une Belgique indépendante et souhaite au contraire le rattachement de celle-ci ou, au moins de la Wallonie, à la France. C’est ce que l’on a appelé le « parti français). Il fut particulièrement précoce, important et durable dans notre région. On peut même dire qu’il caractérise Verviers en 1830-1831. Le phénomène a été étudié par plusieurs historiens. Des ouvrages parus en 1948, 1965, 1978 en on parlé. Je ne parlerai guère que du Journal de Verviers. A travers lui, c’est vraiment l’opinion verviétoise qui s’exprime à cette époque.
J’exposerai d’abor qui composait l’équipe rédactionnelle du journal, qui avait changé en 1828 : les rédacteurs du quotidien avaient fait participer celui-ci à tout le mouvement critique de la presse du sud des Pays-Bas envers la politique de Guillaume, durant les deux années précédant les événements de l’automne 1830.
Bref rappel des faits de 1830 ensuite mais je n’insisterai pas du tout au plan local : révolution fin septembre et formation d’un gouvernement provisoire à Bruxelles, proclamation de l’indépendance de la Belgique le 4 octobre, élection du « Congrès National » le 3 novembre, qui devra décider du sort futur du pays. Dès le 23 octobre 1830, le Journal de Verviers avait pris la position à cet égard en énonçant le but espéré des Verviétois : réunion à la France. Fin octobre et jusqu’à la mi-novembre, il publie une série d’articles où il développe les motifs et les avantages de l’opinion qu’il préconise. La base de son argumentation –par ailleurs aussi un peu « sentimentale »- est d’ordre économique : un Etat belge, dans ses limites restreintes, n’est pas viable ; les industries, privées de débouchés, péricliteront et la population souffrira. Le commerce étant « l’âme et le soutien de l’Etat », ses intérêts devraient être prioritaires. Or la France procurera, outre toutes les libertés désirées, des avantages inégalables pour le commerce et l’industrie. Le Journal est persuadé que, qu’elle que soit la Constitution adoptée par le Congrès national, la Belgique n’aura guère le temps d’en jouir puisque son commerce et son industrie, « bases réelles de la stabilité d’un Etat », seront anéantis si la clique des accapareurs de place persiste à tenter d’empêcher la réunion à la France, qu’il estime aussi être le seul moyen de protéger les libertés nouvellement conquises.
Au début, le Journal de Verviers est presqu’isolé : nulle part ailleurs, le mouvement ré unioniste n’a osé affirmer avec tant de force si tôt ; les autres villes sont plus hésitantes. Progressivement, le « parti français » gagnera du terrain dans le sud du pays, à Liège notamment. Quant au Journal de Verviers, il aura des paroles de plus en plus acerbes pour les partisans d’une Belgique indépendante ; il les accuse de sacrifier l’intérêt public à une chimère dont ils seraient les seuls bénéficiaires, pouvant satisfaire leur soif d’emplois et d’honneurs.
En novembre 1830, la rédaction du journal verviétois est en parfaite intelligence avec les autorités locales et les représentants verviétois. Le Conseil communal avait proclamé dès octobre la publicité de ses séances et les conseillers avaient renoncé à leur traitement (eh oui !) : il s’agissait de vieilles revendications du Journal.  Le 14 novembre, ce dernier s’était prononcé pour une république belge (en attendant la réunion) : le 19, au Congrès, les députés verviétois avaient voté en ce sens. De même, en décembre, ils votèrent –comme le souhaitait le journal- contre la création d’un Sénat (« institution antipopulaire »). A cette époque, le journal lança une pétition au Congrès en faveur de la réunion à la France : ce fut un succès indéniable à Verviers. La campagne pro française se poursuivit en 1831 avec autant d’ardeur ; le 31 mars, le Journal écrivait : « voici : nous sommes tous Français ! ».
De fin avril à début juin 1831, le Journal de Verviers (comme toute la presse ré unioniste wallonne) combattit l’élection de Léopold de Saxe Cobourg comme roi des Belges. C’est au moment où l’adoption de Léopold semble certaine qu’un journal liégeois développa un thème séparatiste (en mai). Le Journal de Verviers (qui semble-t-il y avait songé dès octobre 1831) reprit aussitôt cette « heureuse » idée : la province de Liège pourrait revendiquer son ancienne indépendance pour en disposer ensuite à sa guise. Mais le projet resta sans suite. Il en fut de même de celui du bourgmestre de Verviers, Pierre David, qui, en juin 1831, envisagea très sérieusement  de soulever les masses ouvrières en faveur de la France. Il devait se mettre à la tête des ouvriers de Verviers, marcher sur Liège et ainsi entraîner d’autres villes wallonnes. Mais ce « complot ré unioniste » ne fut pas mis à exécution. Ce projet témoigne cependant de la confiance mise par les activistes ré unionistes dans la population ouvrière : les sentiments francophiles existaient effectivement dans les masses populaires.
La nouvelle de l’élection de Léopold au trône de Belgique fut accueillie avec indignation et dépit par le Journal de Verviers qui persistait à croire la réunion à la France inévitable. En septembre 1831, il rappelle encore que « c’est pour la France et rien que pour la France que le pays wallon s’est soulevé ». Et ce n’est que le 24 novembre, un mois après la visite du premier roi des Belges à Verviers, qu’il admet que la révolution est achevée, « révolution inutile et sans dignité », écrit-il alors. Enfin, en janvier 1832, la feuille –toujours seul organe de presse local- publie une longue lettre ouverte au Roi dont la pensée- mère est claire : « la fusion de la Belgique avec la France peut encore être longtemps retardée mais nulle puissance humaine ne peut l’empêcher ». L’auteur de l’article donne ensuite quelques conseils au souverain pour que sa « royauté d’intérim » soit bénéfique. En mars et juillet 1832 (près de deux ans après la révolution !), le journal trouvera encore l’occasion de se dire toujours convaincu de l’inéluctable de la réunion.  Ce furent les dernières manifestations de cet esprit ré unioniste qui caractérisé si longtemps.

LES FAITS REVOLUTIONNAIRES A VERVIERS, L’AFFAIRE LYS, LE DEMONTAGE DES MACHINES…
Jacques WYNANTS

Les causes de la révolution belge sont multiples.
La déception politique est vive à Verviers où, de 1828 à 1830, plusieurs pétitionnements adressés au souverain sont restés sans suite.
Mais les causes principales sont socio-économiques à l’évidence : les impôts à la consommation et le prix du pain posent problème.
Le 27 août, dès que les évènements de Bruxelles sont connus, soubresaut de crainte : une commission de sûreté publique de vingt notables prend en mains le maintien de l’ordre.
Mais les trois jours cruciaux sont le samedi 28, le dimanche 29 et le lundi 30 août.
Tout d’abord, le 28 au soir et toute la nuit suivante ; des émeutiers, plus de mille, manifestent devant l’hôtel de ville. Les plus existés saccagent les maisons de certains personnages. Parmi les victimes, le notaire de Lys, receveur de plusieurs bureaux de bienfaisance, qui habite rue Crapaurue (actuel Enregistrement) et dont la demeure est pillée, mise à sac, totalement détruite même puisqu’il n’en reste plus que les murs.
Une accalmie survient dans l’après-midi du 29. Les héros sont fatigués et, par ailleurs, quelques notables financent notamment un abaissement du prix du pain.
Le lundi 30 août est jour de victoire : les émeutiers voient la firme Simonis qui emmène ses tondeuses démontées vers un dépôt. Et d’autres fabricants démontent leurs machines aussi.
A noter que des notables se mêlent à la population dans le but de canaliser les mouvements et d’éviter les débordements. On verra même Léon Simonis parvenir habillement à orienter trois cents pillards vers le marché d’Aubel.
Ce 30 encore, la garde urbaine est organisée et structurée. La commission de la sûreté publique fait éliminer les drapeaux français au profit des couleurs franchi montoises. Poursuivant sur sa lancée, la commission prend vraiment le pouvoir le 31 : l’ordre va régner à Verviers !
Pour les classes populaires, le bilan est finalement maigre : les tondeuses, supprimées quelques jours, sont bientôt remises en activité.

LES EVENEMENTS DE 1830 A AUBEL ET A HERVE
Thomas LAMBIET, Historien, Président de la SHAPH


Le 24 août 1830, c’est l’anniversaire du roi Guillaume d’Orange des Pays-Bas. La fête doit être belle. Mais voilà, l’ambiance est  électrique et le 25 août, au sortir de l’opéra de Bruxelles, l’émeute éclate contre les troupes hollandaises. C’est la révolution !
Bien vite, la nouvelle se répand particulièrement dans les villes. Et Verviers reçoit le choc dans une situation économique qui n’est pas brillante ! Bientôt la garde bourgeoise est débordée et des bandes de mutins saccagent certaines maisons de la ville. Puis, c’est vers Aubel que se porte leur violence pour y enlever de force les grains aux marchands qu’ils traitent d’usuriers. Bientôt donc, à Aubel, paisible bourg du Plateau, c’est la désolation ! Maisons saccagées, greniers pillés, autorités maltraitées.
Malgré cela, les autorités communales, par une déclaration du 25 octobre 1830, donnent leur adhésion pleine et entière au nouveau gouvernement de la Belgique. Le calme est revenu, mais les démarches nombreuses et difficiles vont suivre pour ces autorités afin de panser ces plaies et de sauver le marché mis à mal par ces évènements et plus tard par la cession du Limbourg à la Hollande.
Herve, le 29 août, éclate déjà une émeute contre les gendarmes hollandais qui s’enfuient avec armes et bagages. Quelques volontaires herviens vont alors rejoindre les Liégeois pour combattre les Orangistes. Trois d’entre eux y laissent d’ailleurs la vie !
Enfin, on ne peut quitte le Pays de Herve et d’Aubel sans évoquer les notables qui  jouèrent un rôle politique dans la révolution, comme Mathieu Leclercq et Gilles-François Davignon de Herve et Antoine-Nicolas Ernst d’Aubel.
Avec le « Traité des vingt-quatre articles » de 1839 s’achève la mutation politique du Plateau de Herve. Au niveau économique, cela ne fait que commencer…

LES TROUBLES REVOLUTIONNAIRES A PEPINSTER, THEUX ET SPA
Paul BERTHOLET

Le 26 août, le contrôleur-directeur des contributions de Spa fait mettre à l’abri les fonds et les pièces de comptabilité détenus par les différents receveurs de Spa. Il conseille à J.L. Dumont, receveur communal de Spa, Sart, La Reid et des accises – « qui n’est pas aimé à Spa »- de s’éloigner.
Le lundi 30 août vers sept heures du matin, cinq ouvriers d’Ensival, cinq ouvriers d’Ensival, Hodimont, Verviers et Theux, se retrouvent dans un cabaret au Mousset à Pepinster, village agricole d’une centaine d’habitants en 1810, cité ouvrière de 700 habitants en 1828 où règne une grande promiscuité. Ils discutent des évènements et décident d’aller à Theux dévaster les maisons des employés du gouvernement. Dans un cabaret proche, sept ouvriers dont un de Dolhain et un de Theux, promènent un buste de Napoléon en plâtre ; ils confectionnent un drapeau français. Les deux groupes se rendent dans un troisième cabaret où la bande se forme.
Celle-ci, dirigée par un ouvrier verviétois armé d’un sabre et par un contremaître à l’usine du Mousset habitant Ensival, essaie de débaucher les ouvriers des onze usines textiles qui jalonnent le parcours de Pepinster à Theux. A Forge-Thiry, la bande rencontre quelques ouvriers de Juslenville qui, drapeau tricolore en tête, marchent vers Pepinster. Elle les persuade de faire demi-tour et de les accompagner. La bande grossit, est armée de deux vieux fusils inutilisables, de deux sabres et surtout de bâtons ; elle devient plus menaçante et donc plus efficace. A l’entrée de Juslenville, elle rencontre Dardonville, un médecin français à cheval établi à Spa ; il fait demi-tour, va prévenir Spa de ce qui se passe ; il est renvoyé à Theux pour voir si la bande va ensuite se rendre à Spa.
La bande, forte de 100 à 200 personnes, dont des femmes et des enfants, se désaltère aux cabarets rencontrés à proximité des usines, de préférence sans payer. Elle entre à Theux vers 11 heures, drapeau français en tête. Le bourgmestre s’efforce sans succès de les dissuader de saccager. Les maisons qu’occupaient Gilson, receveur des contributions, et Poussart, receveur communal, sont dévastées : on ne s’en prend pas aux personnes, on ne vole rien, mais on défenestre les meubles qu’on va brûler à l’extérieur du bourg. La bande se fait aussi remettre les drapeaux oranges de la maison de ville et de l’église pour les lacérer.
Entre-temps, Dardonville arrive à  Theux : il incite la bande à se rendre à Spa –où dit-il, ils sont attendus à bras ouverts- y faire la révolution comme eux, les Français ont fait en 1789. Il leur promet à boire, veut bien les accompagner si le bourgmestre de Theux les accompagne ; celui-ci est emmené de force ; on le ceint d’une écharpe française. Dardonville paie à boire au Waux-hall de Theux et promet d’en faire autant à Spa ;
Nouveau débauchage d’ouvriers à l’usine de Rainonfosse avec arrêt ai cabaret d’en face : un Lambion, petit fabricant de Juslenville, s’engage à payer les consommations. Une arrière-garde vient contrôler s’il ne reste plus personne dans l’usine et se fait payer à boire par les contremaîtres. Plus loin, la malle-poste allant à Spa est arrêtée par la bande : le « capitaine » prend place à côté du conducteur, quelques hommes l’accompagnent avec le drapeau français ; ils vont en éclaireurs jusqu’à Marteau où des notables et des membres de la Commission de sûreté créée la veille demande au « capitaine » de dissuader la bande d’aller plus loin, ce qu’il fait quand elle arrive, mais en vain.
Parvenue en « vociférant » place Guillaume vers 13 heures30, la bande détruit les écriteaux mentionnant le nom de la place ; certains se rendent à la maison qu’a en location le receveur Dumont. Quelques Spadois, à mains nues, empêchent d’y entrer, mais les « brigands » pénètrent par derrière et défenestrent les meubles qu’ils brûlent dans le parc. Ils n’interdisent pas le transport à l’Hôtel de ville des papiers comptables de la Ville ; un des meneurs parmi les pillards s’y rend même pour exiger que du bourgmestre l’abaissement du prix du pain ; le drapeau orange est réclamé et lacéré. Puis la bande qui, finalement, ne s’en prend pas aux autres receveurs, ni à la maison de Lys, se répand dans les cabarets où beaucoup finissent par être ivres morts : le bourgmestre de Theux paie la moitié des dépenses faites dans l’estaminet où il se trouve. Ceux qui le peuvent retournent vers Theux par petits groupes.
Tels sont les seuls évènements violents à mettre au rapport de la révolution de 1830.
Les Spadois –ils auraient pu l’empêcher- ont laissé piller la maison de Dumont, qu’ils n’aimaient pas. Le bourgmestre, orangiste, refusa de résister par la force ; il ne fallait pas effrayer les étrangers en pleine saison et il espérait la venue du prince d’Orange. Vers 12 heures 30, beaucoup trop tard, il se résolut à inviter les bourgeois à venir en armes : personne n’est venu armé…
Ajoutons que les Spadois étaient fort redevables aux Orange-Nassau : sans intervention financière de la Ville, Guillaume fit aménager rues et promenades et construire plusieurs édifices ; par sa présence et celle de sa famille, il permit aux saisons de Spa de retrouver leur lustre d’avant le régime français.

QUELQUES GRANDES FAMILLES VERVIETOISES
Louis BECKERS

Il nous a été particulièrement difficile de sélectionner quelques noms de familles à choisir parmi la multitude de personnes qui ont marqué de leur empreinte le développement industriel ou social de Verviers.
Nous aurions pu aisément arrêter notre choix sur quelques dynasties familiales bien connues. Au contraire, nous avons préféré sélectionner quelques personnages incontournables tels Pierre David, Jean-François Ortmans ou l’association industrielle Pirenne-Duesberg, tout en faisant sortir de l’anonymat quelques autres tels les Moxhet qui ont contribué d’une manière ou d’une autre au développement d’une région au début de la Belgique naissante.
Certaines familles à l’instar des Simonis peuvent se prévaloir d’un très ancien enracinement verviétois, ce qui n’est pas le cas de nombreuses familles qui jouèrent un rôle politique et industriel dans la région. Nous tacherons aussi de tenir compte de ce critère d’enracinement dans le choix établi.
Le développement industriel fut tellement explosif au début de XIXème siècle, période de régime électoral censitaire (1831-1893) reposant sur le critère de la fortune mais aussi réduit souvent en compte à la domination d’une société soudée par des alliances matrimoniales possédant tant le pouvoir industriel que politique. De ce fait, la plupart des grandes fa milles jouant un rôle industriel prépondérant à Verviers y exercèrent aussi très souvent un pouvoir politique.


LES EVENEMENTS MILITAIRES
VOLONTAIRES FRANCHIMONTOIS ET HERVIENS A LA RESCOUSSE…
Alex DOMS


En 1830, Verviers était sans garnison militaire ; par contre, Liège en avait une. A la nouvelle des évènements de Bruxelles, le général van Boecop, commandant de la place, a rassemblé les unités sous ses ordres dans la Citadelle et reçu des renforts. Le 19 septembre, un jeune exalté, ayant provoqué une sentinelle, est tué par celle-ci ; en représailles, quelques révolutionnaires emprisonnent une dizaine de militaires restés à la Chartreuse. La menace d’un bombardement de la ville par les canons de la Citadelle suscite la terreur. Un messager est envoyé à Verviers ; il demande un secours immédiat. Aussitôt, des volontaires se rassemblent et gagnent la Cité ardente. Le lendemain et les jours suivants, plusieurs groupes venus de Verviers, de Dison, de Hodimont, de Herve et de Theux, les y rejoignent et sont affectés à la surveillance de la Citadelle.
Des énergumènes voulaient à tout prix attaquer les soldats de la garnison, ce qui incita le comte de Berlaymont, commandant des Liégeois, à envoyer les volontaires créer un camp à Rocour ; leur mission était d’empêcher le ravitaillement des militaires par des charrois venus de Maestricht. Le 23 septembre, à Oreye, des volontaires avaient déjà refoulé un convoi venu de Maestricht pour gagner Bruxelles. Le 30, apparaît à Rocour un train de dix voitures de vivres protégé par six cents fantassins et 120 cuirassiers commandés par le général Daine ; ce dernier négocie avec Berlaymont, le passage de 5 voitures pour la Citadelle. Mais les volontaires refusent la convention, s’emparent de ces chariots et veulent les mener en ville. Pour répondre à cette attitude, le major Nijpels donne ordre à ses cuirassiers de charger. Ceux-ci se ruent sur les indisciplinés et les lardent de coups de sabre. Les volontaires auraient été écrasés si un renfort venu d’Ans ne leur était apparu. Devant cette menace, les Hollandais regagnent Maestricht. Sur le champ de bataille, on relève une trentaine de morts parmi lesquels sept Verviétois, trois Herviens, un Ensivalois et un Theutois. Les blessés, très nombreux, sont soigné dans les maisons voisines et les hôpitaux ;
Pendant les jours qui suivent, de nouvelles escarmouches opposent volontaires et garnison de la Citadelle, mais bientôt le manque de vivres, la discorde entre militaires d’origine batave et belge amènent Boecop à négocier avec les Liégeois les conditions d’une reddition honorable de la place. Il est convenu que les militaires hollandais gagneront Maestricht tandis que les Belges demeureront sur place avec leurs armes. Le 6 octobre, n’ayant toujours pas reçu de soutien, van Boecop remet la Citadelle dans les mains des Liégeois.
A Herve, à Verviers, à Ensival, à Theux ; on célèbre à la mi-octobre, les obsèques, corps absents, des hommes tombés à Rocour où un monument commémoratif d’un combat –qui n’a guère été glorieux- sera édifié. Le 27 octobre, Verviers voit revenir la compagnie franchimontoise et la reçoit avec les honneurs.
Dans la suite, certains volontaires ont voulu poursuivre leur engagement en allant assiéger à Maestricht jusqu’à ce que, en janvier 1831, la Conférence de Londres les oblige à cesser tout combat. En août 1831, lors de la triste « Campagne des 10 jours », à nouveau sont tués et blessés des Verviétois qui s’étaient enrôlés dans la toute jeune armée belge. Pour leur participation à la Révolution, volontaires et militaires ont reçu décorations et pensions.


NOS REPRESENTANTS AU CONGRES NATIONAL
Jacques WYNANTS

Le 3 novembre 1830. 477 votants du corps électoral de notre région (qui compte 1470 électeurs) choisissent 5représentants : Collet et David, élus au premier tour, Davignon, Dethier et Lardinois, élus après ballotage.
Ainsi sont propulsés à l’avant-scène cinq bourgeois, avec surreprésentation des zones urbaines.
Ils sont élus au suffrage censitaire, avec, il est vrai, aussi des capacitaires. L’arrondissement compte 1470 électeurs, dont 188 capacitaires. Il y aura 477 votants.
Globalement, les élus verviétois penchent pour la réunion de la France, pour des raisons économiques sans doute, mais aussi sentimentales et idéologiques.
Lardinois déclarera au Congrès qu’il refuserait l’indépendance qui empêcherait d’opter pour la réunion au royaume voisin.
David, quant à lui, affirmera : « Une force morale irrésistible nous entraînait vers la France ».
Trois de nos représentants voteront pour la république. Plus tard, tous les cinq opteront pour le duc de Nemours. Quand la question se posera, aucun des cinq ne sera en faveur de Léopold de Saxe-Cobourg-Gotha et aucun non plus n’acceptera le Traité des XVIII Articles.
Le Congrès procède par petits pas : on vote pour un point après l’autre. Quand leur opposition se révèle vaine, nos représentants revoient leur position réaliste pour voter le point suivant.
Leur opposition procède à la fois de considérations économiques et d’aspirations progressistes, d’un progressisme à nuancer, progressisme de bons bourgeois.
Après l’inauguration de Léopold Ier, les Verviétois feront vraiment allégeance au souverain et celui-ci saura trouver les paroles qu’il fallait pour manifester sa compréhension et sa sollicitude.


RECOMPENSES PECUNIAIRES ET HONORIFIQUES NATIONALES
Paul BERTHOLET

Dès le 28 septembre 1830, le Gouvernement provisoire prend à cœur de secourir ou d’honorer les victimes bruxelloises des combats pour l’indépendance de la Belgique. Il crée deux commissions, une de secours, une de récompenses. Mais d’autres combats ont lieu par la suite, dont celui de Rocour le 30 septembre. Des souscriptions et collectes sont occasionnées partout.
I. INDEMNITES ET PENSIONS
Un arrêté du Gouvernement provisoire du 6 septembre 1830 organise un système d’indemnités et de pensions en faveur des blessés au combat et des ayants droit des décédés.
A. LES COMBATTANTS BLESSES
1. Grièvement mais qui ne sont point hors d’état de travailler reçoivent une indemnité forfaitaire de 200 frs (ou une décoration).
2. Ceux qui ne peuvent plus travailler à cause de leurs blessures reçoivent une pension annuelle viagère de 365 frs pour les isolés et de 450 frs pour les mariés.
B. LES AYANTS DROIT DES DECEDES
1. Les veuves des décédés, qui vivaient des travaux de leur mari, tant qu’elles ne se remarient pas, reçoivent une pension viagère mensuelle de 365 frs ; cette somme est augmentée de 40 frs l’année par enfant légitime en vie, né du défunt et de la veuve, tant qu’il n’a pas atteint sa 16ème année.
2. Les père et mère des enfants légitimes décédés qui sont hors d’état de gagner leur subsistance, soit à cause de leur âge, soit à cause de leurs infirmités, reçoivent une pension viagère de 400 frs pour un couple, de 300 francs lorsqu’un des deux époux est décédé.
3. Chacun des enfants orphelins, c'est-à-dire les enfants dont les deux parents sont décédés et dont le père était mort au combat ou des suites de ses blessures, reçoit une pension annuelle de 200 frs jusqu’à ce qu’il ait atteint l’âge de 18 ans ; cette pension cesse si l’orphelin entre à « l’hospice » (dans un orphelinat).
La loi  du 11 avril 1835 reprendra ces dispositions en y apportant quelques aménagements plus favorables tels que :
- Les combats pris en compte seront antérieurs au 31 décembre 1830.
- Les ayants droits qui se remarient gardent leur pension.
- Les grands parents du tué peuvent bénéficier de la pension si les parents du tué sont décédés.
- Des pensions différées sont créées, selon que, par la suite le blessé meure ou non de ses blessures, ou qu’il devient veuf.
- L’Etat paie les études ou l’apprentissage des orphelins jusqu’à concurrence de 500 frs par an.
- Par la suite, des pensions différées seront accordées aux blessés non décorés et aux décorés de la croix de fer peu favorisés par la fortune.
III. LES RECOMPENSES HONORIFIQUES
A. COLLECTIVES
Loi du 28 mai 1831 : des drapeaux d’honneur seront décernés aux villes et communes dont les volontaires se sont portés sur les lieux menacés par l’ennemi, ou qui ont contribué d’une manière efficace au succès de la révolution : Verviers, Dison et Herve en recevront. Theux, qui avait envoyé 11 volontaires, dont un a été tué, n’e reçoit pas…
B. INDIVIDUELLES
Un arrêté du 25 octobre 1833 décidé d’accorder la médaille ou la croix de fer à ceux qui, du 25 août 1830 au 4 février 1831 :
- Ont été blessés lors des combats pour l’indépendance nationale.
- (Sans être blessés) ont fait preuve d’une bravoure éclatante (prise importante d’armes, de prisonniers, destruction de poudre et munitions ennemies…).
C. A LA FOIS INDIVIDUELLES ET COLLECTIVES
Loi du 18 décembre 1838 : le nom des tués et blessés sera gravé sur le monument de la place des Martyrs à Bruxelles.

LES DECORATIONS OFFICIELLES DE LA REVOLUTION BELGE DE 1830
G.-X. CORNET


La Révolution belge de 1830 a laissé de nombreux témoins numismatiques, parmi lesquels des décorations officielles qui intéressent nos propos. On connaît plus particulièrement la Croix de fer, créée en 1833, une vingtaine d’années après son homologue prussienne. Mais il y en a eu d’autres.
Au lendemain des journées de septembre 1830, on s’était préoccupé des blessés et des familles des défunts. Quant aux distinctions honorifiques à créer, elles concernaient tout autant les personnes que les communautés. Ces dernières furent les premières à être mises à l’honneur en présence du roi Léopold 1er le 25 septembre 1832 par l’attribution d’un drapeau d’honneur. Dans nos régions, Verviers, Ensival, Hodimont, Dison et Herve étaient au nombre des cents communes ainsi honorées. Paris reçu un de ces drapeaux, de même que Luxembourg, Venlo et Roermond, belges à l’époque, et ce jusqu’en 1839.
Quant aux décorations, il fallut plus de temps et de palabres pour aboutir à une décision définitive. Il fut d’abord question d’une « étoile d’honneur » à décerner aux citoyens qui avaient fait preuve d’un dévouement « par une bravoure éclatante dans les combats ou par d’autres services éminents qui avaient assuré le succès de la révolution ». Cette décoration, dont il existe quelques rares exemplaires probablement fabriqués à titre de projet, consistait en une étoile à cinq pointes simples, entaillées en rouge. Le centre portait, au droit le millésime 1830, à l’avers le Lion Belgique avec le mot Patrie. La monture était en or ou en argent. Trois classes étaient prévues : l’étoile de première classe, en or, suspendue à un ruban placé en sautoir ; la deuxième, en or également, et la troisième en argent, seraient portées à la boutonnière de l’habit, du côté gauche. Le ruban serait moiré rouge, liseré de noir et de jaune. J. Van Hollebeke, à qui nous empruntons cette description, relate que ce projet fut abandonné après discussion au Congrès National.
Un second projet eut plus de succès ; il est vrai qu’il abordait le problème d’une autre façon, soit en proposant d’inscrire au budget de 1833 un poste de 15.000 francs pour la confection de décorations. Il fut alors question de croix et de médailles de fer à décerner aux « citoyens qui, du 35 août 1830 au 4 février 1831, avaient été blessés ou avaient fait preuve d’une bravoure éclatante dans les combats pour l’indépendance nationale ou qui avaient rendu des services signalés au pays ». La loi du 8 octobre 1833 ayant accordé le crédit, un arrêté royal du 30 décembre 1833 détermina officiellement la forme de la croix et de la médaille. La croix de fer, à quatre branches terminées par deux pointes, portait au droit le lion belge, en or, dans un cercle du même métal ; au revers, 1830. La monture était en or. La médaille, en fer, portait au droit le lion belge et la légende : « Aux défenseurs de la Patrie » ; au revers, les armes des neuf provinces, disposées en cercle ; au centre de celui-ci, un soleil et le millésime 1830, une légende indiquant « Indépendance de la Belgique ». La croix était suspendue à un ruban aux couleurs nationales. Un ruban était également prévu pour la médaille, mais ce projet fut abandonné par la suite. Une première distribution eut lieu le 25 septembre 1834, mais auparavant, le 22 août, il fut décidé de remplacer la médaille par une croix de seconde classe, en argent. Les décorés reçurent tous une exemplaire de la médaille à titre de souvenir : elle avait été gravée par Adolphe Jouvenel. Certains la firent quand même garnir d’un ruban et la portèrent comme une décoration.
Les tribulations de la Croix de fer allaient se terminer sur une décision assez originale le 21 février 1835. La croix de seconde classe était tout simplement supprimée, leurs titulaires étaient autorisés à porter celle de première classe. C’est ce qui explique la présence d’exemplaires commerciaux en or de titre inférieur et même pourvus d’une simple couche d’or.
On compte au total 1631 décorés si on ajoute le nombre repris dans le second mouvement du 2 avril 1835. Depuis lors, la Croix de fer n’a plus été décernée. Chaque décoré avant reçu un brevet qui énonçait les motifs de la distinction.
Pour clore le chapitre des distinctions officielles, il convient d’ajouter qu’en 1878, en prévision des solennités du cinquantenaire de l’indépendance, on créa une « Croix commémorative des volontaires de 1830 ». L’arrêté royal du 20 avril 1878 répara ainsi les inévitables oublis des commissions de récompenses de l’époque. Cette croix, suspendue à un ruban aux couleurs nationales, le noir au centre, s’inspirait de la croix commémorative du vingt-cinquième anniversaire du règne de Léopold 1er. Elle s’en distinguait par le lion belge et le millésime 1830. Van Hollebeke cite, en date du 18 juin 1878, une première liste de 295 titulaires de cette nouvelle distinction. Il y en eut d’autres : au 22 mars 1880, on relevait 1578 décorés. En 1905, lors des fêtes jubilaires, quelques anciens de 1830 étaient encore présents. Le dernier titulaire de la Croix de fer serait décédé en 1904, celui de la Croix des volontaires en 1910.
Nos voisins hollandais, au cours de leur retour offensif d’août 1831, avaient capturé quelques canons de la jeune armée belge. Ils les utilisèrent pour faire frapper des médailles au monogramme W. de Guillaume 1er. La mode était à ce genre de trophées. Le 30 mai 1814, à Paris même, les Autrichiens avaient créé la « Croix militaire » (Kanonenkreuz). Les Prussiens les avaient devancés d’un an dans cette voie.

SOCIETE VERVIETOISE D’ARCHEOLOGIE ET D’HISTOIRE
FONDEE EN 1897


La Société verviétoise d’archéologie et d’histoire est plus que centenaire.
Fondée le 8 octobre 1897, elle consacre ses activités à  l’étude de l’archéologie et de l’histoire en général, et plus particulièrement à celles de Verviers et de sa région. Elle est gérée par une commission administrative dont tous les membres sont bénévoles.
Le nombre de bulletins publiés s’élève à ce jour à 74. Il convient d’y ajouter 4 numéros hors série ainsi que la remarquable étude du au talent d’Armand Weber sur la bibliographie verviétoise (5 volumes). Tous les articles, communications, conférences et publications hors série parus au cours du premier siècle d’existence de la société dont l’objet d’une table que l’on peut se procurer en s’adressant à un membre de la commission administrative. La liste des articles est également consultable sur le site Internet de la Société.
Nombre d’articles publiés dans ces bulletins ont fait le point sur des questions essentielles et ont été fréquemment cités dans des travaux ultérieurs. En pratique, le bulletin est actuellement bisannuel. Il est distribué gratuitement aux membres en règle de cotisation pour les années auxquelles se rapporte le bulletin. D’anciennes publications sont disponibles tant pour les membres que pour les non membres. En cas de novelle affiliation après le 1er septembre, la cotisation versée couvre également le montant dû pour l’année civile suivante. Les réunions de la société se tiennent, sauf imprévu, le quatrième samedi de chaque mois, à 15 heures, excepté en juillet et en août, dans la salle de conférence du Musée des Beaux- Arts, rue Renier, 17 à Verviers. Elles sont ouvertes à tous et l’accès est gratuit mais nous encourageons les auditeurs réguliers à nous aider en devenant membres. Ces réunions comportent principalement des causeries suivies d’échanges sur des sujets en rapport avec les buts définis ci-dessus. Elles sont précédées de la lecture du procès-verbal de la séance précédente et, s’il y a lieu, de quelques informations relatives à des manifestations organisées par les sociétés sœurs.
L’entraide exercée entre les membres permet de progresser rapidement dans une recherche.
Les membres de la société et leurs invités ont la faculté de participer à des excursions organisée avec la société « Les Archives Verviétoises » permettant d’explorer des sites ou des bâtiments souvent peu accessibles au public (chantiers de fouilles, édifices remarquables, …) ou de visiter des expositions sous la conduite de guides expérimentés.
La richesse de la bibliothèque de la société, que complète une intéressante cartothèque, met à la disposition des membres une précieuse documentation accumulée au fil des années par des échanges avec d’autres associations à buts similaires et par les dons de certains membres, auteurs, de travaux historiques et archéologiques. Installée dans le Centre touristique de la Laine et de la Mode (CTLM Aqualaine) rue de la Chapelle, 30 à Verviers, elle est ouverte de 13 heures 15 à 14 heures 45 chaque jour de réunion (entrée par la porte à droite du porche).
La cotisation annuelle est fixée à 20€ pour les membres résidant en Belgique, à 25€ pour ceux des autres pays européens et à 30€ pour les personnes habitant ailleurs dans le monde. Les membres sont informés personnellement des activités de la société par un bulletin trimestriel. Quant au grand public, il l’est par voie d’affiches et de communiqués publiés dans la presse.
Nous vous invitons cordialement à rejoindre nos rangs. Pour être membre adhérent, il suffit d’acquitter la cotisation prévue au numéro de compte bancaire 068-2471503-67 (IBAN BE93 0682 4715 0367, BIC GKCCBEBB) de la société. Si par la suite, vous souhaitez participer à la vie de la société par le biais des assemblées générales, vous pourrez devenir membre effectif en demandant le patronage de deux membres effectifs qui présenteront votre candidature aux suffrages de la commission administrative.
Si dans un premier temps, vous ne souhaitez pas vous affilier mais simplement soutenir notre action qui vise à offrir gratuitement au plus grand nombre des activités de choix, peut-être aurez-vous à cœur de nous aider en versant une somme, si minime soit-elle, sur le numéro de compte bancaire indiqué plus haut avec la mention « don ».

 

 

 
< Précédent   Suivant >