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2005 Journées du patrimoine Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

L’Eglise de Herve

Brève visite de l'Eglise Saint-Jean Baptiste à Herve  

La tour de l’église étant ce qui nous a permis d’intégrer l’exposition dans le cadre des 17èmes journées du patrimoine, voici une proposition de visite commençant par l'approche de cette tour : premièrement, par quelques repères historiques et ensuite, par une description de celle-ci.  Ces commentaires sont entièrement inspirés du bulletin de décembre 2005 publié par la SHAPH et consacré à l'Eglise de Herve et ses Trésors. Un des principaux auteurs de ce bulletin est l'abbé Dechaineux.

Repères historiques :

C’est d’une mention de 895 qu’il faut partir.  Lors d’une de leurs invasions, les Normands ont brûlé la ville de Toul.  Les bourgeois donnent une partie de leurs meubles pour la reconstruction de leur cathédrale.  L’empereur Arnulphe, touché par leur générosité, veut lui aussi faire un geste. Il donne à l’évêque Lugdelm pour sa cathédrale 20 métairies situées à Wandre, Retinne et Saive et de plus la chapelle de Herve, capellam de Arvia.  L’évêque pourra en percevoir la dîme.  Il faut en conclure que, déjà avant 895, presque aux origines du diocèse de Liège, existe à Herve une agglomération assez importante pour justifier la fondation d’une chapelle.  

Deux autres documents sont plus importants car nous indiquent à peu près quand Herve devient « ville »

1.      Avril 1270 ou 1271 : Waleran IV, duc de Limbourg, fait procéder à un arpentage pour délimiter une propriété forestière de l’abbaye du Val Dieu.  Parmi les échevins et autres témoins herviens, on cite Winandus delle Haie qui est appelé burgenses de herves (bourgeois de Herve), qualificatif caractéristique d’un habitant d’une ville libre.  Mais par ailleurs, à la fin de l’acte, ces témoins ajoutent que, parce qu’ils n’ont pas de sceau propre, ils se servent du sceau de deux compagnons du duc, le sénéchal Arnold et le maréchal Winand.

Le duché de Limbourg est une de ces petites principautés médiévales issues du démembrement de l’empire  carolingien.  Le duché est composé de deux parties bien distinctes : la partie centrale qui correspond en gros au pays de Herve, et la second située dans le bassin moyen de l’Ourthe.  En 1280, le duc de Brabant Jean 1er dit le Victorieux devient aussi duc du Limbourg et le restera jusqu’à la fin de l’Ancien régime.  Le duché sous l’Ancien régime se subidivise en 4 chefs bans dont  Herve dénommé « Quartier Wallon ».

2.   Parchemin du 29 août 1276 pour la fête de la Décollation de Saint Jean-Baptiste.  Le duc de Limbourg, toujours Waleran IV, Renaud de Gueldre, son gendre et sa fille vendent à l’abbaye du Val Dieu une forêt située près de Herve.  Cette vente est approuvée par différentes cours de justice, celle de Herve, cette de Ste Marie (Aix) , de Ste Croix et de St Denis à Liège  et par des chevaliers et hommes du ban de Herve.  Les échevins de la cour de Herve y sont appelés échevins de la franche ville de Herve  (franche=libre).  Et, cette fois,  ces échevins apposent leur propre sceau au bas de l’acte ; sceau de la ville fortifiée de Herve. Nous ne devons pas l'imaginer entourée de fortifications mais plus humblement de fossés coupés de quelques barrières servant de portes.

La tour de notre église actuelle, église saint Jean-Baptiste, est « celle » de l’église romane qui existe à Herve, ville libre et fortifiée en 1276.

Elle est fortifiée comme d’autres tours d’église dans le pays et servit de refuge aux soldats limbourgeois attaqués par les Brabançons en 1283 et ensuite aux Brabançons assiégés par les troupes de Jean de Luxembourg, allié à l’évêque de Liège en 1334.  

Description :

Dimensions :

L’épaisseur des murs est de 2m96 jusqu’au début de la flèche soit jusqu’à 21 m de haut.

Elle forme un carré de 9m96 à l’extérieur et de 4m04  à l’intérieur.


Image

Elle est un bel exemple d’architecture romane.  La pierre utilisée est le moellon comme pour l’église gothique construite dès 1625 (excepté le chœur en pierres de taille). (La façade pénétrée par la tour est en pierre de taille et presque chaque pierre est marquée du trou de louve qui permettait aux ouvriers de manœuvrer ces lourds panneaux.  Le portail est classique, à fronton surbaissé avec, au centre du tympan, une niche pour une statue en bois de Notre-Dame, remplacée de nos jours par sa copie en pierre.  (celle en bois, initiale, est aujourd’hui exposée dans le cœur de l’église en-dessous de la croix)  

Au-dessus du portail, une grande niche rectangulaire encadre un crucifix et les statues de Marie et de saint Jean.  De chaque côté de de cet ensemble, une fenêtre permet d’éclairer la tribune d’orgues.

Elle a été entourée jadis d’un cimetière et cernée de murailles.

La tour n’a pas d’accès par l’extérieur de l’église mais la porte d’entrée ancienne, encore existante, est à environ 4m du sol, placée au nord et, à l’époque, uniquement accessible par une échelle mobile retirée en cas de siège.  (encore visible)

A la base, sur la façade ouest (façade qui a été ravalée en 1625 pour lui donner un revêtement de pierres de taille puis démontée en 1924 pour remettre des moellons), se trouvent 3 pierres tombales.  Celles-ci ont été placées en 1924 à l’initiative du sacristain Jean Godard (en fonction de 1892 à 1938) à qui on doit un précieux manuscrit connu sous le nom de son auteur.  Ses recensements sont méthodiques, précis et généralement bien documentés.

La première à gauche porte le blason de Simar Dardenne, deux fois bourgmestre de la franchise de Herve, décédé en décembre 1630.  Au milieu, une dalle funéraire triplement armoiriée rappelle la mémoire de Jacques Maigret, avocat et maïeur de la ville, de dame Walgrave de Cortil, son épouse et de Guilleaume de Tiège et de son épouse Barbe de Maigret.

La troisième est celle de Nicolas de labbeye et de son épouse del Vaux.

La fonction défensive de ce qu’on a jadis appelé, à tord,  le donjon du château de Herve est soulignée une fois de plus par la présence de meurtrières sur la façade  sud.

Ce bloc énorme est orné aux angles de son sommet de quatre échauguettes.  Il aurait été à l’origine recouvert d’un toit à 4 pans jusqu’au XVIIème siècle quand, lors de la construction de la nouvelle église, il reçoit une flèche de 28 m de haut.

La flècle, qui au cours des ans, a pris la forme hélicoïdale et qui est du coup classée parmi les clochers tors,  est octogonale de même que les 4 clochetons de 9m chapeautant les échauguettes.

Entre ces échauguettes, des tympans présentant de grandes ouvertures avec abat-sons pour les cloches.

Au sommet, la croix en fer forgé avec coq, haute de 5 mètres couronne le tout.  Cette croix enlevée à la révolution française, sera replacée en 1806.  Le coq et la croix sont renouvelés en 1970.  

Le clocher a connu incendie (1910) et recouvrement (1969) et fait l’objet d’un projet de restauration pour 2005 encore, projet qui doit le consolider et le redresser quelque peu.

Les façades :

Nef sud :  construction en 1625, style gothique

Nef nord :construction en 1626.  (ces dates sont placées sur les métopes placées au-dessus des fenêtres dans les pignons qui les surmontent)

Chœur et transept :

1653.  Moellons pour le transept et pierres de taille pour le chœur.

Fin de la construction : 1670

Sacristies :

1870, en pierres de taille également.

Les 3 nefs sont englobées sous un toit unique.

A l’intérieur :

Pénétrer dans l'oratoire.
On y voit bien l’épaisseur des murs (2m96, on est dans un carré de 4m04)

Aujourd’hui, y est exposé (et y restera sans doute) un autel restauré de l’ancien château de Crèvecoeur retrouvé à l’ancienne école des Frères,  récemment.  Le travail est remarquable, réalisé par un certain Dethier. S’y trouvait aussi un tableau de l’artiste Lecrenier de Liège. La vierge à la gauche de l’autel est de création récente.  Quitter l'oratoire.

A l’entrée de l’église, sur la droite, bénitier en marbre de saint-Rémy, fût en marbre noir. Tableau de Marie au-dessus qui prouve que l’église a d’abord été dédiée à Notre Dame.

L'église est divisée en 3 nefs et, entre les colonnes de hauteur différentes, les distances ne sont pas égales.

Nef centrale :

La chaire de vérité : une des belles œuvres de l’école liégeoise, réalisée par un Hervien, Aymond en 1739.  Elle est constituée de 3 panneaux : l'assomption (à comparer avec le tableau nef nord comparable au tableau de Rubens),  - St Pierre et sur la porte - saint Paul. Sur l'abat-voix : statue du bon pasteur.

Nef sud :

Tous  les vitraux et le tableau sur l’autel baroque évoque le saint-Sacrement. À relever ceux évoquant la fête Dieu : église saint Martin où au 13ème siècle, on célèbre pour la 1ère fois cette fête, la Chapelle de Cornillon.  

A relever comme centre d'intérêt :  le tableau sur la discussion du saint sacrement contestée par les protestants.  Les intervenants qui ne se sont jamais rencontrés, du moins ensemble : Grégoire le Grand, saint Ambroise avec l’ostie (évêque de Milan), saint Augustin (mitre argentée à l’arrière) et saint Jérôme (torse nu).  Le jeune garçon sur la gauche serait le donateur Hannot, ancien échevin.  Ses armoiries sont au-dessus du tableau. Pas signé : attribué à Douffet ou Bertholet de Flémalle.  (voir panneau documentaire réalisé par Qualité-Village-Wallonie se trouvant sur une colonne de la nef sud).

Chœur :

Au centre, sur le sol, une rose des vent.  Les vitraux : les deux centraux sont les plus anciens, les autres détruits ont été détruits pendant 40-45

Nef nord :

Dédiée à Marie, comparer le tableau sur l'autel baroque avec celui de Rubens.  Sur cet autel, un pélican  provenant d’un ancien autel. A droite de l'autel de cette nef nord se trouve une plaque de Errar de la Mark, batard d’Arenberg qui était époux de Marie veuve du grand Olivier de Herve 1566.

 

 
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